JUSTICE DE COPAINS = JUSTICE DE COQUINS - 16

Publié le par serge.petitdemange.over-blog.fr

Je suis convoqué pour le 8 janvier 1990, dans le bureau d’une jeune juge d’instruction, pas impressionné le moins du monde.

C’est fou comme la conscience tranquille rend l’être humain serein.

Elle me questionne, tout en m’apprenant le grief, motif de ma présence en son bureau.

Je suis accusé d'avoir dérobé l'exemplaire de l'employeur de mon contrat d'engament, et d'avoir falsifié mon exemplaire.

Rien que çà...

Je ne pâlis pas.

Je ne tremble pas.

Je ne bégaie pas.

Je réponds seulement que je souhaite une confrontation avec le couple MANTEUR / BODAURE.

« Je le ferai si je le juge nécessaire », me rétorque-t-elle durement.

Quelle inutile agressivité.

Un peu coincée, peut-être a-t-elle à l’esprit que je veux lui apprendre son travail…

Je ne suis pas plus ébranlé.

 

-o-

 

La confrontation a lieu le 2 février 1990.

Seul MANTEUR est présent.

BODAURE n’a pas été convoquée.

Face à la juge, Me PATCHEÏ, l’avocat de MANTEUR, MANTEUR à ma gauche, moi-même et mon avocat Me VUILLONT.

La magistrate pose différentes questions au véreux gérant d’ECOCAR, qui répond en cafouillant, pas à l’aise pour un sou.

Je ’’bois du petit lait’’, jugeant la juge de mon côté.

MANTEUR se permet de m’adresser la parole en me tutoyant.

Je réponds, regardant la juge droit dans les yeux, que je souhaiterais que Monsieur Pierre MANTEUR emploie le vouvoiement lorsqu’il s’adresse à moi.

Le climat est hyper tendu.

L’envie de gifler ce déchet est immense.

La juge tempère rapidement et fermement la situation, qui peut dégénérer à tout moment, n’ayant nullement l’intention de me laisser faire par ce cancrelat de patron indigne, quelle que soit la ou les personnes présentes, juge d’instruction inclus.

Aucun élément, ce jour, ne pouvant mettre en lumière la soi-disant falsification de mon contrat de travail, la juge décide de faire analyser mon exemplaire par le laboratoire de police scientifique régional.

 

-o-

 

Le samedi, 27 octobre 1990, ma mère est en vacances chez nous, à La MOUTONNE.

Nous nous apprêtons à sortir.

Elle nous offre le restaurant.

Je vois la voiture jaune du facteur qui s’arrête devant notre villa.

Il sonne.

Je traverse la cour, ouvre le portillon.

Il me remet une grande enveloppe kraft, envoyée en recommandé.

Je regarde le timbre de provenance :

 

TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE TOULON

 

Je signe l’accusé réception, rentre chez moi.

J’ouvre l’enveloppe, fébrilement je concède.

Les résultats de l’expertise de mon exemplaire de mon contrat d’engagement confirment sans nul doute possible ce que je clamais depuis le début.

 

Retranscription intégrale :

 

CONCLUSIONS

 

L’étude, par les méthodes scientifiques classiques d’investigation, des documents examinés dans le cadre de l’ordonnance définissant notre mission, nous permet d’émettre l’AVIS motivé ci-après :

Aucun des éléments techniques mis en évidence lors de l’étude du document de question ne permet :

·      de douter que les quatre feuillets du document de question aient été dactylographiés à l’aide de la même machine à écrire,

·      de déterminer si les quatre feuillets ont été dactylographiés :

- soit, par une seule personne, soit, par plusieurs personnes,

- soit dans un même temps, soit dans des temps différents.

 

-o-

 

Cette analyse technique officielle est accompagnée par un Avis d’Ordonnance rendue par la juge : NON LIEU.

Excellent samedi.

Excellent repas.

Mais pas d’ambiance de fête particulière.

Le résultat est simplement normal, logique.

Mais MANTEUR vient de gagner 2 ans sur le procès aux prud’hommes, et moi de les perdre.

Mes salaires d’août, septembre et octobre 1988 ne me sont toujours pas payés, pas plus que les frais de déplacement contractuels, congés payés, préavis etc.

 

J’écris le 19 décembre 1990 à mon Conseil Me VUILLONT :

 

Cher Maître,

 

Tout d’abord, merci de m’écouter avec autant de patience.

Vous trouverez ci-joint :

-    Photocopies de mes recherches d’emploi, et les réponses quand il y en a,

-    Photocopies des bilans des années 86, 87, 88 et 89 de la S.A.R.L. ECOCAR.

Je suis entré dans cette société le 1er septembre 1987.

Ma part personnelle en % du chiffre d’affaires annuel est de 32,92 % pour 4 mois d’activité seulement, ce qui, toute proportion gardée, l’amène à 98,76 % si j’avais exercé depuis le 1er janvier.

En 1988, compte tenu de mes nombreux déplacements sur ordre, en raison des nouveaux objectifs (mise en place de franchisés), mon chiffre d’affaires personnel est de 39,87 % pour 7 mois, ce qui l’amène à 68,35 % pour l’année.

Je n’ai pas inclus le C.A. de monsieur VERGAIN, vendeur sous mes ordres, celui des apporteurs d’affaires que j’avais mis en place, enfin celui des franchisés.

Ce C.A. existe et ne peut donc que rehausser les chiffres que je vous donne.

MANTEUR reconnaît que mon travail est « satisfaisant ».

Il peut.

En résultat courant avant impôts, l’année :

-    86 est déficitaire (- 122.904,00 fr.)

-    87 est bénéficiaire (+ 2.508,00 fr.) (j’ai débuté le 1er septembre)

-    88 est bénéficiaire (+ 140.162,00 fr.)

-    89 est déficitaire (- 121.047,00 fr.) (je ne suis plus là)

Il est cocu, menteur, escroc.

Il sait que je sais pour son escroquerie à l’assurance.

Voilà les raisons qui l’ont poussé à agir ainsi.

Les 27 mois que je viens de subir m’ont coûté très cher, à tous points de vue.

Je lui ai offert plusieurs possibilités de règlement amiable, et me suis retrouvé dans le bureau du Juge d’Instruction.

Que l’on ne compte plus sur mon indulgence.

Si les juges sont justes et impartiaux, ils sauront découvrir les manœuvres dilatoires utilisées, dénuées de fondement, et sauront m’accorder les dommages et intérêts justifiés.

C’est un bien que la Loi sur le surendettement ait été promulguée, car elle me permet de justifier ma demande de dédommagement.

Pourquoi les juges n’admettraient-ils pas le bien-fondé d’un dossier reconnu recevable par la Commission départementale ?

Les diverses réclamations de mes créanciers constituent des preuves indéniables.

Je vous demande de vous en servir.

Alarme 2000 m’a spolié.

A.D. Protection m’a limogé grâce à la menace, établissement de faux témoignage et usage, et la présence de BAUDET aux prud’hommes.

J’ai tout perdu, mais ai repris le combat.

ECOCAR paiera.

Je suis prêt à aller très haut pour cela, rien que pour l’exemple.

Ce courrier vous est personnellement adressé.

Je ne souhaite pas que vous en transmettiez une copie à Me PATCHEÏ.

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