JUSTICE DE COPAINS = JUSTICE DE COQUINS - 7
Mars 1988 : chiffre d’affaires de 472 295,00 fr H.T. pour 7 voitures vendues dans les mêmes conditions. 8.624,22 fr de salaire net.
Avril 1988 : chiffre d’affaires de 334 812,00 fr H.T. pour 5 voitures vendues par mes soins, en plus des milliers de kilomètres parcourus dans le mois, et la signature des deux premiers contrats de franchise (M. LAY de NICE et PONAIN de TRAPPES).
6.754,31 fr de salaire net (acompte sur prime de franchise inclus).
« Bizarre. M. MANTEUR refuse de signer l’avenant, mais me fait quand même payer la prime, tout au moins une partie.
Qu’a-t-il en tête ? »
Mai 1988 : chiffre d’affaires de 548 538,00 fr H.T. pour 8 voitures (vendues par mes soins, en plus des milliers de kilomètres parcourus dans le mois, et la signature de 5 contrats de franchise (LERCHE de CHATEAUROUX – 2 contrats – VERNE du PUY, PATRES de SAINT-ETIENNE, TURON d’AIX en PROVENCE).
11.701,76 fr de salaire net (acompte sur prime de franchise inclus).
Difficulté croissante à me faire payer.
Mais voilà l’affaire.
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Le 15 avril 1988, le Docteur GARBIEN, médecin généraliste à SOLLIES-PONT et à l’hôpital Font-Pré de TOULON, passe au bureau pour commander une voiture car il vient d’accidenter la sienne et n’a plus de moyen de locomotion.
Je remplis le bon de commande et la difficulté survient : il a impérativement et rapidement besoin de cette voiture pour l’exercice de sa profession.
Pour notre part, nous n’avons pas encore les 8 véhicules nécessaires pour commander la livraison par camion, que l’on appelle des « porte-huit ».
Je propose au Docteur GARBIEN de me rendre à BRUXELLES, à condition qu’il accepte de prendre à sa charge les frais inhérents à cette mission, chose qu’il accepte avec empressement, tant il est content de se voir proposer ce service.
M. MANTEUR est d’accord.
Je prends donc l’avion le 4 mai 1988 à MARIGNANE, atterris à BRUXELLES, me rends chez le concessionnaire PEUGEOT, qui s’était auparavant occupé des formalités douanières et de l’immatriculation provisoire, prends possession de la 405 Sri, et quitte BRUXELLES vers 18 heures.
Il fait beau.
La route est longue mais agréable.
En passant en Bourgogne, je me dis que l’occasion est bonne pour rendre visite à mon demi-frère qui vient de s’installer comme artisan boulanger dans un petit village de la région.
Outre le plaisir de le revoir, je ferai économiser des frais d’hôtel et de restaurant au Docteur GARBIEN.
J’arrive chez Jean tard dans la soirée, après l’avoir prévenu par téléphone.
Lui aussi est content de me revoir.
J’assiste pour la première fois de ma vie à la fabrication artisanale du pain.
Un sacré travail.
Le lendemain, vers 9 heures, avant de reprendre la route, j’appelle ma femme Jocelyne qui travaille toujours comme secrétaire à la Préfecture Maritime de TOULON.
Elle m’apprend que Chantal BODAURE est arrivée chez nous, la veille au soir, accompagnée de ses deux enfants Laure (avec un bras cassé par son père, d’après les dires de la mère) et André.
Sachant que j’étais absent de mon domicile (en tant que secrétaire de la société, elle était informée de mon départ pour BRUXELLES), elle est venue demander secours et hébergement parce que MANTEUR l’avait menacée de mort à ses dires.
J’ai fait part de ma contrariété impuissante à ma femme, essayant de lui faire comprendre dans quelle inextricable situation sa « gentillesse, sa bonté d’âme » me mettait.
Pour parfaire le tout, Jocelyne me dit qu’elle a confié une clé de l’appartement parce qu’elle-même devait aller travailler.
Bien sûr, j’avais assisté déjà à plusieurs altercations entre Chantal BODAURE et son concubin, Pierre MANTEUR.
Il m’est arrivé de les séparer dans les bureaux mêmes de l’entreprise, peu de temps avant ces événements.
Les gens qui attendaient sous l’abri bus tout proche nous regardaient à travers les vitrines.
Alcool, quand tu nous tiens…
Quelle honte.
Je rentre chez moi le 5 mai vers 16 heures, agacé, passablement fatigué.
Par terre, dans le couloir, un carton est déposé.
La partie « bar » de mon living est ouverte.
La bouteille de whisky est vide.
Mme BODAURE et ses enfants sont absents.
Jocelyne, de son travail, et Chantal BODAURE des courses, arrivent de concert à l’appartement, peut-être de connivence afin d’éviter d’avoir à m’affronter, seule l’une après l’autre, car le moins que l’on puisse dire est que je ne suis pas content.
Mais le mal est fait.
Je n’ai pas la volonté de mettre Mme BODAURE et ses enfants à la rue, mais lui demande fermement de prendre ses dispositions pour que cette situation anormale ne perdure pas.