La vie est un long fleuve tranquille - suite 4

Publié le par serge.petitdemange.over-blog.fr

La perte de clients décide Mme BAUDET à se séparer de quelques membres du personnel mais, en peu de temps, les choses s’estompent et nous remontons la pente.

De nouveaux clients viennent étoffer la liste confidentielle des codes d’intervention.

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L’ordinateur du pupitre donnant quelques signes de défaillance, la gérante souhaite acquérir un nouvel appareil appelé « baie de réception » (des alarmes).

Ce type d’appareil équipe déjà une société de gardiennage à SAINTE-MAXIME.

Ayant quelques connaissances dans les divers systèmes d’alarme, et avant de s’engager plus en avant, je conseille à Mme BAUDET de prendre contact avec cette entreprise, pour se faire expliquer le fonctionnement de cet appareil afin de mesurer l’opportunité d’un tel achat.

Rendez-vous est pris le mardi 9 octobre, en début d’après-midi.                                                                                                 

La gérante me demande de l’accompagner.

Nous prenons son véhicule, une AUDI 100 CD toute neuve.

Elle souhaite conduire.

La rencontre avec le patron de la société de gardiennage sainte-maximoise est professionnelle et courtoise.

Le comportement du responsable de cette affaire me montre combien de chemin Mme BAUDET doit encore parcourir pour maîtriser son entreprise.

Je me garde bien, toutefois, d’émettre une quelconque remarque.

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Vers 16 heures, nous quittons SAINTE-MAXIME, et faisons route sur TOULON, en empruntant la route de la forêt du Dom.

Mme BAUDET conduit.

Pourquoi, posant sa main droite sur ma cuisse gauche, me propose-t-elle de passer la soirée ensemble, son Chef d’entreprise de mari étant absent pour 48 heures ?

Peut-être « vieux jeu », je ne suis ni hypocrite ni homosexuel, simplement marié et père, respectueux de certains principes.

Le souvenir d’un « coup de canif dans le contrat en 1972 » (le seul) me revient à l’esprit.

Une fois peut être considérée comme une erreur, erreur que j’ai chèrement payée, une seconde fois comme de la stupidité.

« Madame, il ne faut jamais mêler le sexe et le travail. On le paie un jour ».            

Je me rends compte aujourd’hui que cette pauvre femme était plus à plaindre qu’à blâmer.

Je ne lui pardonne pas pour autant ce qu’elle a fait par la suite.

Ma réponse abrupte l’a peut-être déstabilisée, surprise qu’un homme lui résiste.    

Quoi qu’il en soit, on imagine aisément la soudaine tension qui règne dans la voiture.

Plus un mot n’est échangé jusqu’au bureau.

Quelque chose d’important vient de se briser.

Ai-je eu tort ?

Ai-je eu raison ?

Ce qui est sûr, c’est que je n’ai à aucun moment regretté ma décision de ne pas la « sauter ».

Le climat des jours qui suivent s’alourdit.

Je comprends totalement, désormais, les problèmes qu’elle rencontrait avec son personnel, avant mon arrivée.

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Nous gagnons encore de nouveaux clients.

La nécessité d’embaucher de nouveaux vigiles se fait sentir.

C’est plutôt bon signe.

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Dans le même temps, je vois arriver un certain VILLENEUVE, soi-disant détenteur de parts sociales dans la société (selon Mme BAUDET).

Précis, ordonné, méticuleux, je sens instinctivement qu’elle me ment.

Pourquoi ?

Une visite au Greffe du Tribunal de Commerce de TOULON, où je peux me procurer en toute légalité les statuts de la société A-D Protection, me prouve son mensonge.

L’identité et le nombre de parts détenues par chacun des associés sont clairement exposés.

VILLENEUVE n’y figure pas.

Je sens le vent de la tempète souffler contre moi.

Mon refus de « passer la soirée ensemble, tous les deux… » va me coûter cher.

Et à quel point : plus d’un tiers de ma vie.

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Arrivant le lundi matin au Siège, je trouve mon bureau dans le couloir.

Les hostilités sont entamées.

Mme BAUDET et M. VILLENEUVE arrivent ensemble, s’enferment dans « leur » bureau qui n’est plus le mien.

Peut-être a-t-il eu moins de scrupules que moi, concernant « une soirée ensemble… ».

Je continue néanmoins le recrutement de nouveaux vigiles.

Sur la fiche de renseignements remplie par l’un d’entre eux manque le numéro de sécurité sociale.

Le candidat ne le connaît pas par cœur, et n’a pas sa carte d’assuré social sur lui.

Ce fait insignifiant, n’engageant aucunement ma responsabilité, me sera pourtant fatal.

Ne dit-on pas que quand on veut tuer un chien, on dit qu’il a la rage.

Je n’ai pas souvenance de séances d’auto-flagellation de la part de Muriel BAUDET pour avoir embauché ROQUAS, BIQUETTI et les vigiles/cambrioleurs.

« Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais ».

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L’impéritie de Mme BAUDET ne réside pas seulement dans la partie « membres du personnel » de son entreprise, mais aussi dans sa gestion.

Quelques clients ne sont pas à jour du règlement de factures, plus d’un an pour certains.

Cela représente une somme conséquente nuisant sérieusement à la trésorerie de la société.

La gérante m’ordonne de recouvrer ces créances, chose que je refuse.

Je suis Directeur du personnel, pas Directeur financier, encore moins agent de recouvrement.

Ce n’est pas mon rôle, et je n’ai pas à affronter des gens Chefs d’entreprise, certains étant des collègues de M. BAUDET, dont je pense qu’ils ont un peu profité de la situation quelque peu équivoque.

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La situation se dégrade à la vitesse grand « V ».

La gérante me convoque à un entretien préalable, en vue de mon licenciement pour faute lourde.

Au cours de l’entretien, je lui dis clairement que je ne me laisserai pas faire, et que nous nous retrouverons aux prud’hommes.

Sa réponse dépasse les bornes de l’entendement :

 « De toute façon, vous pouvez faire ce que vous voulez, mon mari est juge aux prud’hommes de TOULON. Je ne crains donc rien ».

 

Ahurissant.

 

SUITE ET FIN DE LA PREMIERE MAGOUILLE SOCIO/JUDICIAIRE DEMAIN.

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