La vie est un long fleuve tranquille!!!! voici l'une des preuves que non.

Publié le par serge.petitdemange.over-blog.fr

Le 17 juillet 1984, ma vie va, sans que je le sache, prendre un tournant cauchemardesque pour ce qui me reste à vivre.

Mon ami de l’époque, Jean-Paul JORRAIN passe me rendre visite à la maison avec manifestement une idée derrière la tête, l’idée d’un ami sincère qui veut aider un autre ami.

L’un de ses clients, la société A-D Protection de LA GARDE (Var), en la personne de Madame Muriel BAUDET, gérante, rencontre des problèmes avec ses employés.

Jean-Paul m’apprend que certains d’entre eux désobéissent, ne respectent pas les consignes, n’en font qu’à leur tête bref : n’admettent pas de se faire commander par une femme, d’après ce que lui a raconté la gérante.

Il a déjà parlé de moi à celle-ci, qui souhaite me rencontrer rapidement.

Sans attendre, j’appelle l’entreprise et obtiens rendez-vous le soir même.

-

Lorsque je pénètre dans les locaux, je constate un fait qui me semble quelque peu sujet à caution : une belle femme, grande, bien habillée, jupe plissée, chemisier de soie… transparent (son soutien-gorge est nettement visible), la quarantaine, mains soignées, ongles manucurés, est assise dans un fauteuil, jambes croisées assez haut, laissant apparaître une bonne partie de sa cuisse gauche.

Autour d’elle, quatre hommes dans un semblant d’uniforme.

Ces cinq personnes plaisantent.

Je me présente, et demande à parler à Madame Muriel BAUDET, tout en devinant qu’il s’agit de la personne qui est assise de façon aussi… provocante.

Compte tenu de ce que m’a dit mon ami, et ce que je constate de visu, je commence à cerner le problème de la société.

Comme j’exprime le désir de lui parler en particulier, nous nous enfermons dans son bureau.

Le problème qu’elle rencontre est simple : elle ne tient plus son équipe de vigiles (une soixantaine d’hommes), et certains d’entre eux auraient des « vues » sur sa personne.

Elle regrette un peu car elle a une affaire qui « tourne ».

En mon for intérieur, je me dis que, volontairement ou non, elle n’est pas totalement étrangère à la situation qu’elle me dit subir.

Par deux fois, deux des quatre hommes présents entrent dans le bureau sans avoir frappé.

L’un, un colosse à la mâchoire prognathe, mal rasé, l’autre plus commun, le visage couperosé, moustache style 1900, le regard faux-fuyant.

Je ne mettrai pas longtemps pour constater qu’il s’agit d’éléments perturbateurs, l’un étant manipulé par l’autre.

Fais-je fausse route en pensant qu’un responsable d’entreprise, tout en sachant se montrer proche de ses collaborateurs, doit savoir garder ses distances, à plus forte raison lorsque ce dirigeant est une femme ?

Nous conversons plus de trois heures.

Mme BAUDET recherche un directeur du personnel ayant une forte personnalité et suffisamment de caractère pour diriger son équipe, sur laquelle elle n’a que très peu d’emprise.

Mon passé de Marin de carrière, la rigueur de vie à bord, la toute particulière discipline propre à la Marine Nationale, les excellentes appréciations émises par mes supérieurs lors de mon départ en 1978, l’éducation que j’ai reçue, tout ceci forme un cocktail très prometteur.

Je demande à Mme BAUDET de me dire très franchement si le portrait qu’a dressé de moi Monsieur JORRAIN correspond à sa recherche, et si notre entrevue lui semble positive.

Elle me répond que « oui ».

Je lui fais alors la proposition suivante : je participe bénévolement à l’activité de l’entreprise les quinze derniers jours de juillet, afin de sonder et analyser la société et le comportement de l’ensemble de son personnel, et je décide en toute liberté à l’issue.

Nous nous quittons courtoisement et, me concernant, quelle que soit la situation de cette entreprise, ma décision est déjà prise.

Je sais que j’ai déjà accepté le poste.

Au pire, la situation antérieure à mon entrée en fonction ne peut m’être imputée.

Je ne serai responsable que de sa postériorité.

-

à demain pour la suite...

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article