JUSTICE DE COPAINS = JUSTICE DE COQUINS - 13

Publié le par serge.petitdemange.over-blog.fr

Rien ne va plus entre Jocelyne et moi.

Elle ne vaut pas mieux que les deux autres.

Elle a quitté une première fois le domicile conjugal pendant 3 mois, sur « conseil avisé » de sa chère sœur aînée, mettant un peu plus encore notre fragile équilibre financier en péril.

Puisqu’elle refuse tout dialogue, je lui écris :

 

Je crois que nous avons atteint le point de non-retour hier soir.

Tout dialogue avec toi tourne immédiatement vers ton opposition systématique, et devient de ce fait impossible.

Heureusement, il reste l’écriture, tout en sachant très bien que tu pourras, mais moi aussi le cas échéant, utiliser cette lettre.

Je voudrais reprendre notre histoire depuis le début.

Je t’ai aimé, beaucoup aimé, comme l’on peut aimer après deux expériences, et pas uniquement pour ton corps.

Nous nous étions accordés sur le fait que nous n’aurions pas d’enfant, et tu as été d’accord.

La vie à Toulon m’était insupportable (bruit la nuit) et nous avons fait construire.

Je travaillais beaucoup, malgré les difficultés journalières que je rencontrais avec MANTEUR et BODAURE, difficultés dans lesquelles tu as ta part de responsabilité.

Rappelles-toi mai 1988.

J’ai perdu mon emploi dans les conditions que tu sais, le salaire que je gagnais, additionné au tien nous ont permis d’accéder à la propriété.

Mes nombreuses recherches d’emploi n’ont rien donné, certaines propositions étaient mensongères, ou contraire à la décision que j’avais prise : ne plus mettre ma famille en péril en acceptant d’être rémunéré seulement au pourcentage.

Dois-je te rappeler les BEURRIN de CHARLEVILLE-MEZIERES et HERET (1) de DUNKERQUE ?

Veux-tu que je te parle de QUI + Europa à PARIS (2) ?

Quant à Philippe PONAIN, ce qui c’est passé à MAUREPAS (3) est indépendant de sa volonté et de la mienne.

Le fiasco du centre commercial de l’automobile est dû, d’après ce que j’ai entendu, à l’escroquerie / détournement de fonds d’un des initiateurs de ce centre.

Quoi qu’il en soit, Philippe PONAIN ne pouvait me garder au sein de son garage de VERSAILLES, ayant déjà un vendeur en place.

Pourtant, je t’ai donné la preuve de ma volonté de travailler.

Pourquoi alors m’avoir écrit cette lettre défaitiste et démotivante, lettre que tu m’as un jour arrachée des mains ?

Te gênait-elle ?

T’es-tu posée la question : comment va-t-il la prendre, loin de chez lui, de sa famille, dans une région qu’il ne connaît pas ?

Non bien sûr.

Pur égoïsme.

Je pense que c’est depuis cette période que tu veux recouvrer ta liberté, depuis fin 1989.

La situation dans laquelle je me trouve n’est pas extraordinaire, elle est le reflet d’une époque difficile.

Elle a, en revanche, le mérite de nous mettre à l’abri de beaucoup de soucis, notamment celui de se loger.

Concernant ta mère, nous avons chez nous le respect de la famille, et cela me faisait mal de la savoir seule, à la merci de ton frère Jean-Claude qui, sortant de prison, n’arrêtait pas de la solliciter pécuniairement, malgré sa quasi absence de ressources.

Je sentais que cela te perturbait.

La conception de notre maison offrant la possibilité de créer un appartement indépendant, et après nous être mis d’accord sur le point suivant : j’investis dans le studio, je paie toutes les factures, EDF, téléphone, eau, impôts, taxes etc., et toi tu me fais manger tout le mois, je t’ai proposé de prendre ta mère, et ai en définitive décidé, tant pis si elle ne bénéficiait pas de l’allocation de tierce personne, parce que rien n’était acquis APRES son arrivée définitive.

·      Pourquoi alors me dire que j’ai agis pour les 3.000,00 fr de cette allocation, si ce n’est par méchanceté ?

·      Pourquoi, à ce moment-là, ne pas parler de la réflexion idiote de ta sœur jumelle, concernant la venue de ta mère ?

T’es-tu posé la question si cela m’avait fait plaisir ?

Moi le gendre, la pièce rapportée comme vous dites chez vous, j’ai été le seul à agir de manière concrète pour ta mère.

·      Mis à part ta sœur Christine (que je remercie une fois encore pour ce qu’elle a fait pour ma fille Isabelle) :

Qui, parmi tes autres frères et sœurs, avez agi pour que sa fin de vie lui soit le moins pénible possible ?

Vous étiez presque tous pleins de bonnes intentions, mais la situation exigeait des actes.

Qui a agi ?

·      Est-ce ma faute si tu as été obligée de subir cette hystérectomie ?

Ai-je été absent à ce moment-là ?

·      Pourquoi t’être mise en colère devant Stève et Maximilien, parce que je les ai pris le vendredi soir au lieu du samedi midi, 2 fois depuis que nous sommes mariés ?

·      Tu aimerais sortir, aller danser, te montrer, mais ton compte en banque te le permet-il ?

·      Qui de nous deux s’est retrouvé avec un recommandé de la banque pour solde débiteur, alors que nous sommes en redressement judiciaire civil, avec de très grandes chances de réussir ?

·      Qui me lançait vertement « ah, ça y est, ça recommence », quand j’essayais de dialoguer sur le problème de mes salaires non payés, mais dont tu aurais tout de même profité le moment venu ?

·      Qui me dit d’arrêter de boire, tout en sachant que je ne bois pas (au sens péjoratif du terme), alors que tu t’es retrouvée quelquefois, en état… disons « avancé » dans ce domaine ?

T’en ai-je fait le reproche, même si tu tombais comme une souche, sans même me dire « bonsoir » ?

Tout ton être déborde de haine à mon égard.

Je ne peux même plus t’embrasser, et quand je te demande de me donner un baiser « s’il te plaît » (hier soir chez ta mère) tu interprètes de la façon suivante : « je veux que tu m’embrasses ».

Tes constantes erreurs de jugement ont failli nous être préjudiciables (Société Nationale Immobilière qui gérait le Toucan III, ton chef de service entre autres…), elles l’ont été pour ton examen de passage au niveau supérieur, et cette réflexion émane d’une personne étrangère, elles le sont pour notre couple mais là, naturellement, c’est de ma faute n’est-ce pas.

C’est tellement plus facile.

Il est vrai que nous avons été 2 ou 3 fois au bord de la rupture, dont une où tu n’avais pas hésité à abandonner égoïstement le domicile conjugal, mettant entre autre en péril notre situation financière.

Chaque fois, j’ai agi en conciliateur, espérant que tu comprendrais une bonne fois pour toutes que je ne suis pas l’homme que tu as à l’esprit, ou que l’on t’a mis à l’esprit…

Lorsque que je suis revenu de chez Monsieur PONAIN samedi dernier, je voulais profiter de cette absence d’une semaine pour relancer une énième fois la machine de notre couple.

Faire constamment le premier pas devient avilissant à la longue. et, que tu le veuilles ou pas, sache qu’il est tout à fait normal qu’un mari ait envie de faire l’amour à sa femme, surtout que ce ne sont pas les 2 relations moyennes mensuelles qui doivent te gêner.

Mais là aussi, ton dégoût à mon égard est palpable et insultant.

L’état d’ébriété dans lequel tu te trouvais samedi soir n’a certainement pas arrangé les choses.

Je ne bois pas, je ne fume pas, je suis propre, je ne t’ai jamais trompé, quoi que tu puisses penser ou que l’on t’ait dit, nous avons une maison, Stève et Maximilien t’ont totalement adoptée, toi non, alors que je t’avais tout dit de ma situation avant de nous marier (il fut un temps où Maximilien t’appelait « maman »), nous ne sommes pas riches, mais nous sommes très loin d’être malheureux.

Il est vrai que la situation exige une gestion budgétaire saine et rigoureuse.

T’ai-je un jour empêché de faire de la gym, d’aller chez le coiffeur (tu as dépensé 865,00 francs depuis le 15 mars 1992), de t’acheter des robes, des bijoux, de faire des cadeaux à tes amis ?

Jamais.

Tes crises cyclothymiques deviennent maintenant lassantes.

Tu t’es enfermée dans un monde où le maître-mot est « rejet ».

Je te reproche de toujours te cacher derrière un « c’est la vie, que veux-tu ».

Que tu ne sois pas une battante, je le sais et l’ai accepté.

En revanche, je refuse de me laisser entraîner par ton défaitisme et ta négativité congénitale.

Je t’ai prouvé que la vie, c’est la lutte et que lutter paie en définitive.

Mais, comme je te l’ai déjà dit : « on ne peut pas retenir quelqu’un qui veut sa liberté ».

C’est un choix, et c’est le tien.

Quant à nous séparer à la manière de ta tante de FREJUS, sans divorcer, il n’en est pas question.

Je ne veux pas me retrouver co-responsable d’une situation que je n’ai pas voulue, que tu m’imposes et que je respecte.

Le prix que tu devras payer est la cession à titre gratuit de ta part sur la maison, par acte authentique.

Je prendrai les frais à ma charge.

Bien entendu, ta mère ne pourra plus rester, et je ne crois pas qu’elle le souhaiterait.

Voila, Jocelyne, c’est le terme, ne cherche aucune méchanceté dans ce courrier, aucun règlement de compte, il n’y en a pas.

Seulement une grande désillusion.

 

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